Avec l'essor du tourisme médical en Turquie et l'augmentation mondiale des actes esthétiques, les actions pour faute médicale sont devenues le principal risque juridique et financier supporté par les hôpitaux et les médecins.
Savoir si une intervention relève de la complication médicale (effet indésirable prévisible et inévitable) ou de la faute médicale, c'est-à-dire d'un manquement du praticien ou de l'établissement, tient à une distinction ténue. Chez Ertuğ & Partners, nous exposons ci-dessous le cadre de défense et de prévention applicable aux cliniques au regard du code turc des obligations et de la loi n° 1219 sur l'exercice de la médecine, afin de prévenir des condamnations lourdes et le risque d'interdiction d'exercer.
1. Le régime de responsabilité : contrat de mandat ou contrat d'entreprise
Dans une action pour faute médicale, le juge examine d'abord la nature de l'intervention, la jurisprudence turque appliquant deux standards distincts.
2. Les griefs les plus fréquents
Quelle que soit la compétence du praticien, ce sont les failles de l'organisation qui alimentent le contentieux.
3. Le consentement éclairé : les limites du formulaire type
L'erreur la plus répandue en pratique consiste à se fier à un formulaire de consentement type, signé à la hâte à l'admission, aux termes duquel le patient accepte tous les risques.
Une distinction s'impose. Les juridictions turques ne considèrent pas que la signature d'un formulaire standard établisse à elle seule que l'information a été délivrée ; la charge de la preuve pèse sur le praticien et l'établissement, et le juge recherche si le patient a réellement compris les risques de l'acte envisagé. Il n'existe pas pour autant de règle absolue selon laquelle tout formulaire dépourvu de mention manuscrite serait nul : l'appréciation se fait au cas par cas. Ce qui compte en pratique, c'est que le document ait été établi pour l'intervention précise et que le dossier démontre que l'échange a bien eu lieu.
4. Qui indemnise, l'hôpital ou le médecin ?
Lorsqu'un dommage survient dans un établissement privé, le patient agit généralement contre l'hôpital ou son groupe sur le fondement de l'article 66 du code des obligations, relatif à la responsabilité du commettant.
5. Un cadre préventif pour les cliniques
La direction des établissements devrait intégrer les mesures suivantes à ses procédures.
1. Plafonds d'assurance : l'assurance de responsabilité professionnelle obligatoire ne couvre pas tous les risques et ses plafonds s'érodent avec l'inflation ; un plafond d'un million face à une condamnation de cinq millions n'offre guère de protection. Une couverture ombrelle au niveau de l'établissement mérite d'être envisagée.
2. Traçabilité : chaque observation, même de routine, doit être saisie en temps réel dans le système d'information hospitalier ou dans le dossier national e-Nabız. L'affirmation d'un médecin devant le juge selon laquelle il aurait averti le patient pèse peu à elle seule. En médecine, ce qui n'est pas consigné est réputé ne pas avoir été fait.
3. Gestion des complications : un comité mixte, juridique et médical, doit prendre en charge la communication avec le patient après une issue défavorable, avant que la situation ne dégénère. Un recours précoce à la médiation évite des frais de contentieux considérables.
Ce rapport constitue une analyse générale des risques en droit médical et ne remplace pas un conseil juridique portant sur la gestion d'un litige déterminé.
Dernière mise à jour : 10 août 2026.
