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26 févr. 20262026 Q1

La due diligence juridique en M&A : les 10 risques les plus souvent négligés

Due DiligenceGestion des RisquesM&A

Dans les opérations de fusions-acquisitions sur le marché turc, la réussite d'un closing dépend d'une due diligence juridique rigoureuse. Les parties se concentrent fréquemment sur les états financiers et relèguent le risque juridique au second plan. Or ce sont précisément les points qui échappent à une checklist standard qui génèrent, après la réalisation, des coûts imprévus pour l'acquéreur.

Nous exposons ci-dessous les dix risques juridiques les plus souvent manqués à la table des négociations en droit turc, ainsi que les stratégies qui y répondent.

1. La non-conformité en matière de protection des données

Le fait qu'une cible ait publié une notice d'information ne signifie pas qu'elle soit conforme.

  • Le risque caché : l'inscription de la cible au registre des responsables de traitement peut ne pas refléter sa structure actuelle, ou ses formulaires de consentement peuvent ne pas satisfaire à l'exigence d'un consentement libre. Dans le commerce électronique, le SaaS et les activités hébergées dans le cloud en particulier, des transferts de données à l'étranger non conformes à l'article 9 créent une exposition concrète. Pour 2026, la fourchette d'amende administrative va de 256 357 TL à 17 092 242 TL pour manquement aux obligations de sécurité des données, et de 85 437 TL à 1 709 200 TL pour manquement au devoir d'information. Ces amendes ne sont pas indexées sur le chiffre d'affaires : elles sont fixées dans des fourchettes légales, réévaluées chaque année.
  • Recommandation : auditer la cartographie réelle des flux de données, et non les seuls textes publiés, et obtenir des vendeurs des garanties d'indemnisation spécifiques en matière de données dans le contrat de cession.
  • 2. L'ampleur réelle des créances salariales

    Les déclarations sociales peuvent paraître irréprochables alors que la pratique diffère sur le terrain.

  • Le risque caché : commissions versées en espèces aux commerciaux, salaires partiellement déclarés au niveau du minimum légal, congés annuels accumulés et jamais pris. Ces droits non documentés reviennent sous forme de coûts contentieux dès que les ruptures interviennent après la réalisation.
  • Recommandation : croiser les bulletins de paie avec les paiements bancaires et les tableaux de primes effectifs, et déduire du prix d'acquisition l'exposition potentielle liée au départ de collaborateurs clés.
  • 3. Les antécédents en droit de la concurrence

  • Le risque caché : la cible a pu être sanctionnée par le Conseil de la concurrence ou souscrire des engagements dans le cadre d'un règlement. Si la nouvelle direction ignore ces engagements et les enfreint, l'exposition atteint 10 % du chiffre d'affaires. Les restrictions aux ventes passives dans les contrats de distribution attirent également l'attention de l'autorité.
  • Recommandation : consulter les décisions du Conseil et examiner en détail les obligations de non-concurrence des contrats de distribution.
  • 4. Les lacunes en propriété intellectuelle : à qui appartient réellement le code ?

    Lorsqu'une entreprise technologique a de la valeur, cette valeur réside dans sa propriété intellectuelle.

  • Le risque caché : le code écrit par un ancien développeur indépendant lui appartient encore s'il n'a pas été cédé par écrit à la société. (Pour les salariés, l'article 18/2 de la loi sur les œuvres intellectuelles et artistiques attribue à l'employeur l'exercice des droits patrimoniaux sauf convention contraire ; cette présomption ne joue pas pour les prestataires indépendants, distinction à vérifier au cas par cas.) Côté marques, le défaut courant tient à ce que l'enregistrement ne couvre pas les classes de Nice correspondant à l'activité réelle ou projetée, laissant des marchés à découvert. (Les marques sont enregistrées selon la classification de Nice ; la nomenclature NACE est une classification d'activités économiques et ne détermine pas l'étendue de la protection.)
  • Recommandation : vérifier une à une les clauses de cession de droits dans les contrats des fondateurs et des développeurs clés.
  • 5. Les clauses de changement de contrôle

  • Le risque caché : une société peut être précieuse tout en devant son chiffre d'affaires à un client unique ou à une seule licence. Si ces contrats critiques comportent une clause autorisant la résiliation unilatérale sans indemnité en cas de changement d'actionnariat, le flux de revenus qui fait la valeur de l'entreprise peut disparaître avec l'opération elle-même.
  • Recommandation : passer au crible les contrats fournisseurs et clients critiques et, le cas échéant, ériger l'accord écrit du cocontractant en condition suspensive du closing.
  • 6. Les pièges immobiliers et locatifs

  • Le risque caché : le bail de l'usine dans laquelle la société exerce peut comporter des clauses ouvrant au bailleur un droit de résiliation en cas de changement d'actionnariat, un contournement des règles ordinaires de cession. Les défauts affectant le permis d'habiter exposent par ailleurs à des mesures municipales.
  • Recommandation : examiner attentivement les clauses de sous-location et de cession des baux ainsi que la conformité à la réglementation des zones industrielles organisées.
  • 7. Obligations environnementales, sociales et de sécurité au travail

  • Le risque caché : dans les acquisitions industrielles, des manquements passés en matière de gestion des déchets ou des lacunes de formation à la sécurité dépassent l'amende administrative et peuvent entraîner la responsabilité pénale des dirigeants ou la fermeture du site. L'étendue et l'actualité des décisions environnementales doivent également être vérifiées.
  • Recommandation : examiner les autorisations environnementales et les analyses d'eaux usées avec des ingénieurs environnement, et non avec les seuls juristes.
  • 8. Les opérations avec les parties liées

  • Le risque caché : fréquent dans les entreprises familiales. Le siège de la société peut être enregistré au nom d'un proche d'un dirigeant et loué très au-dessus du marché. Cette situation met en jeu deux corps de règles distincts, à ne pas confondre : l'article 395 du code de commerce interdit à un administrateur de contracter avec la société ou de s'endetter auprès d'elle ; l'article 13 de la loi sur l'impôt sur les sociétés qualifie de distribution occulte de bénéfices, par voie de prix de transfert, une tarification avec des parties liées contraire au principe de pleine concurrence, et fonde un redressement. Pour l'acquéreur, le risque naît tant sur le terrain du droit des sociétés que sur celui de la fiscalité.
  • Recommandation : mettre à plat la liste des parties liées et appliquer un test de pleine concurrence afin d'éliminer les coûts artificiels.
  • 9. Le risque fiscal

  • Le risque caché : les équipes financières regardent la rentabilité, les vérificateurs cherchent l'exposition. Litiges fiscaux en cours, échéances manquées dans le cadre de rééchelonnements, réductions d'impôt sur les sociétés indûment appliquées : autant de points qui exigent une analyse fiscale au-delà de l'audit financier. Le délai de prescription de cinq ans laisse le risque ouvert.
  • Recommandation : dans les acquisitions significatives, commander un rapport distinct de due diligence fiscale et retenir les risques identifiés sur un compte séquestre.
  • 10. La mise en conformité du capital minimum

  • Le risque caché : le capital social minimum est de 250 000 TL pour les sociétés anonymes et de 50 000 TL pour les sociétés à responsabilité limitée ; ces montants résultent d'un décret présidentiel de 2023, entré en vigueur le 1er janvier 2024. En vertu de l'article provisoire 15, ajouté au code de commerce par la loi n° 7511, le délai de mise en conformité expire le 31 décembre 2026 (prorogeable par le ministère du Commerce deux fois au maximum, d'un an à chaque fois). Une cible qui n'a pas procédé à l'augmentation est réputée dissoute de plein droit, ce qui la place en dissolution et liquidation : une menace directe sur l'existence juridique de l'actif acquis.
  • Recommandation : vérifier la conformité au registre du commerce et ériger l'augmentation de capital en condition suspensive du closing.
  • Cet article a une visée d'information générale sur la pratique des fusions-acquisitions et ne constitue ni un conseil juridique ni un rapport de due diligence.

    Dernière mise à jour : 10 août 2026.